| A quatre kilomètres environ de Montbron, deux pavillons dont les combles sont mansardés, font corps avec le logis. 1643 : Premier acte conservé à la Mairie de Montbron concernant la famille noble Durousseau, habitant alors le château de Sainte-Catherine. Baptême de René Durousseau, fils de Francois Durousseau, escuyer, sieur du Mail et de demoiselle Jacquette de Rouffugnac. parrain René Durousseau. Escuyer, sieur de la Grange et marraine Jeanne Broussard. 1695 : Sainte-Catherine; baptême de Raymonde, fille de Pierre de la Rapidie et de Marie Cony. Ont signé : Charretier, parrain, Raymonde Morin, marraine, Gillibert et Marvaud, bourgeois de Montbron. 1731 : Sainte-Catherine; mariage de Pierre Marvaud. d'Orgedeuil et de Elisabeth Blanchard, de Sainte-Catherine. 1742 : Le château est occupé par Blanchard Louis, sieur de Puymartin, bourgeois, qui fait valoir ses propriétés mentionnées dans un registre des tailles, établi par Lacombe, collecteur des tailles à Montbron, en 1742, sous Louis XV. La propriété de Sainte-Catherine était imposée 108 livres 18 sols. M. Blanchard de Puymartin possédait beaucoup de vignes : 11 journaux (1 journal = 33 ares) à Sainte-Catherine, plus 41 joumaux exploités, plus dans 4 villages différents 16,5 joumaux. II possédait en outre une maillerie et un moulin à huile, affermés 80 livres. II possédait aussi à Gros-Martial, un domaine exploité par métayers qui comptait 4 boeufs, 2 vaches, 10 brebis, 1 truie. On y cultivait 20 journaux de blé, 40 journaux de méteil, 9 journaux de vignes, 16 journaux de prés. II y avait 20 journaux de chaumes. Ce domaine payait 86 livres 16 sols d'impôts à la charge du métayer. Chez Persavaud il possédait 11 journaux de vignes et 3 journaux au Bournet. Son fils, Blanchard de Puymartin possédait plusieurs domaines à Montbron. situés à Sainte-Catherine, Gros-Martial, le Bournet. II était domicilié à Fluviers (Perigord). Dans un arpentement fait en 1749 par ordre de l’lntendant de la Généralité de Limoges, le Château de Sainte-Catherine est décrit de la façon suivante : maison composée de deux chambres basses, salon, cuisine, corridor, trois chambres hautes. deux greniers, écurie. grange, colombier, buanderie, toits, cour, jardin et bois, appartenant à Pierre Louis Blanchard, Puymartin. Le sieur de Sainte-Catherine devait I'hommage au comte de Montbron, à chaque mouvance du Suzerain ou du Vassal. II lui rendait I'hommage lige au devoir d'un lapin blanc. Le comte de Montbron, Lomenie de Brienne acheta Sainte-Catherine, puis le revendit au sieur Louis Blanchard de Puymartin par acte du 17 Novembre 1762, rédigé par Maître Marchadier, notaire à Angoulême. | Le Sieur de Sainte-Catherine devait verser chaque année au comte de Montbron une rente seigneuriale au devoir de 17 boisseaux de froment, 17 boisseaux de seigle, 15 boisseaux d'avoine, 5 gelines (poules), 30 sols en argent. Son autre domaine de Cous avait droit de girouettes, fuge (pigeonnier) et garenne. En 1785, les Cous passèrent au sieur Desvilles, inspecteur des greffes à Paris, suivant I'adjudication qui lui en a été faite par sentence du 24 Septembre 1785. Avril 1793 : Visites domiciliaires. Le conseil municipal de Montbron arrête: "iI sera fait et renouvelé des visites domiciliaires chez les personnes suspectes, principalement dans les maisons de Ferrière, Menet, La Vue, Sainte-Catherine et Marandat; arrête : que les personnes suspectes seront désarmées et consignées dans leurs maisons, si le cas I'exige, à peine d'être poursuivies comme perturbatrices du repos public. Le présent arrêté sera remis au commandant de la Garde Nationale pour être mis de suite à exécution". La citoyenne Villard, bourgeoise de Paris, habite en 1793 à Sainte-Catherine. Elle loge dans le château Emmanuel Francois de Lambertie de Lepine. ancien maréchal de camp, 64 ans, balafré à la joue gauche. C'est un parent des Lambertie de Menet. “Le 9 Thermidor an VI (1799) de la République française une et indivisible, l'administration de Montbron a adopté, vu I'urgence, et sur le rapport fait à la présente administration que la citoyenne veuve Villard, propriétaire du domaine de Sainte-Catherine et ses dépendances est émigrée, ce qui paraît se confirmer par le défaut de certificat de résidence du lieu qu'elle habite depuis trois ans. L'administration municipale, ouï le commissaire du directoire administratif, arrête que le séquestre sera mis sur tous les meubles et effets à elle appartenant et que l'apposition des scellés et inventaires des dits effets seront faits à la diligence des citoyens agents et adjoints de la commune de Montbron qui, pour les aider dans cette opération, se sont adjoints à cet effet les citoyens Bonithon, agent de la commune de Saint-Sornin, Gillibert-Desvergnes, juge de paix de Montbron, Mathellon aîné, notaire public, Robert fils, agriculteur. Arrête en outre que le département sera prévenu de cette mesure pour y donner la sanction. Signé : Marzelle, Guimbelot, Raoul, Blanchard, Lavaud, Duvoisin, Rounithon. Radon secrétaire." | 29 Thermidor an VII (1799) : Le commissaire du Directoire déclare que l'administration centrale à Angoulême vient de répondre que ce séquestre à Sainte-Catherine est illegal. La municipalité sursoit à ce séquestre, mais quelques jours plus tard, vu I'arrêté du département de la Charente du 13 Fructidor an VII, la levée des scellés de Sainte-Catherine est faite. Le 17 Aout 1792 un descendant des anciens propriétaires de Sainte-Catherine s'engagea comme volontaire, il se nommait Pierre Blanchard Puymartin. Les autres volontaires de sa compagnie I'élurent capitaine par 79 voix sur 85 votants. Le 25 Messidor an VII, le Préfet de la Charente le nomma Conseiller municipal de Montbron, comme ancien militaire. Le 24 Vendémiaire an XIII (1805), Pierre Blanchard Puymartin, propriétaire , membre de la Garde Nationale de Montbron est l’un des officiers du département de Charente qui vont se rendre à Paris pour assister au couronnement de Sa Majesté I'Empereur Napoléon ler. La mairie de Montbron lui délivra un laissez-passer. Louis Benjamin de Ferrières, considéré comme émigré rentra en France en I'an XII. II se presenta à la mairie de Montbron qui a inscrit le procès-verbal ci-dessous sur le registre des délibérations du conseil municipal : "Aujourd'hui 12 Vendémiaire an XIV, s'est présenté Louis du Rousseau de Ferrières, originaire de cette commune, prisonnier de guerre de la Grande Bretagne sur sa parole d'honneur, amnistié et mis sous notre surveillance comme prévenu d'émigration, revenant de la Martinique où il a fait un séjour depuis I'an 1 (1792), comme il est porté dans I'acte de serment de fidélite au gouvernement français qu'il a prêté devant le préfet de la dite colonie le 30 Fructidor an X, qu'il nous a exhibé ainsi que la soumission du capitaine général d'icelle colonie pour se retirer en France pour un an. Maintenu dans sa qualité d'officier de la Garde Nationale, bataillon du marin, paroisse de Sainte-Anne". Signé: Louis Durousseau Ferrière. Note du Maire : "Observe que la déclaration ci-contre aurait pu être faite le 10 Ventose an XII, date d'arrivée du déclarant dans notre commune." Le lieutenant de Vaisseau Louis Benjamin du Rousseau de Ferrières acheta le château de Sainte-Catherine et y habita longtemps. II resida de longues années au château de Sainte-Catherine, et mourut en 1843 à I'age de 81 ans. II etait célibataire comme beaucoup d'autres officiers de I'ancien régime. L'Impératrice Joséphine, épouse de Napoléon Ier, qui résida très souvent au château de Sainte-Catherine, pria le lieutenant de vaisseau de Ferrières de ramener sa mère de Martinique en France. Elle promit à maintes reprises de lui rembourser les sommes dépensées au cours de la traversée de I'océan pour le compte de sa mère, mais I'lmpératrice Joséphine de Beauharnais était fort depensière et toujours couverte de dettes, malgré les dons considérables en argent que lui faisait Napoléon ler. Le château, ses dépendences et les domaines, passèrent à ses neveux Rousseau de Ferrières, puis à différentes familles. II appartient maintenant à la société Ste-Catherine qui en a fait un Hôtel-Restaurant 3 étoiles faisant partie de la chaîne des Châteaux hôtels de France |